Les smartphones pliables gagnent en popularité sur le marché européen

Un écran de smartphone qui se déplie pour atteindre la taille d’une petite tablette : il y a cinq ans, le concept faisait sourire. Aujourd’hui, les smartphones pliables s’installent dans les poches et les sacs européens à un rythme que peu d’analystes avaient anticipé.

Une étude Censuswide menée en juillet 2026 auprès de plus de 4 000 utilisateurs en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Italie révèle qu’environ 69 % des Européens souhaitent un appareil fin au quotidien capable de se déplier pour offrir un écran plus grand.

Ce chiffre traduit un besoin concret, pas un engouement passager. Comprendre pourquoi ce format séduit, quels freins persistent et ce que la réglementation européenne change pour les consommateurs permet de mieux évaluer la place réelle des pliables sur le marché.

Pourquoi les consommateurs européens veulent un écran plus grand

Vous avez déjà commencé à rédiger un e-mail sur votre téléphone pour finir par ouvrir votre ordinateur portable ? Ce réflexe est massif. Selon la même étude Censuswide, 85 % des utilisateurs commencent une tâche sur smartphone puis la terminent sur un écran plus grand. Lire un article long, comparer des produits sur deux onglets, retoucher une photo : l’écran classique de 6,5 pouces montre vite ses limites.

Le smartphone pliable répond à ce problème en doublant la surface d’affichage sans augmenter l’encombrement une fois replié. Concrètement, un modèle de type « book » (format livre) tient dans une poche de jean plié, puis dévoile un écran proche de 7,5 pouces une fois ouvert.

Homme comparant deux smartphones pliables dans un café d'Amsterdam avec des détails urbains européens

Le format clapet, lui, séduit un autre profil. Plus compact fermé qu’un smartphone classique, il attire les utilisateurs qui cherchent avant tout la portabilité. Motorola et Samsung proposent des modèles de ce type depuis plusieurs générations, et le segment se renouvelle chaque année avec des charnières plus fines et des écrans extérieurs plus fonctionnels.

Smartphones pliables et parts de marché : Samsung, Huawei, Apple

En 2025, Samsung détenait environ 40 % du marché des smartphones pliables. Ses gammes Z Fold et Z Flip se sont imposées grâce à une avance de plusieurs années sur la concurrence. Les précommandes de ses derniers modèles affichent d’ailleurs une forte hausse par rapport à l’année précédente.

Des fabricants chinois comme Huawei et Honor grappillent des parts significatives, segment par segment. Huawei a notamment réussi à maintenir ses expéditions de pliables à un niveau stable même lorsque le marché global du smartphone a reculé.

L’arrivée d’Apple change la donne dès septembre 2025 avec son premier iPhone pliable. Les analystes lui prédisent un quart du marché dès le lancement. Ce pronostic repose sur un constat simple : dans l’étude américaine de Counterpoint Research, 39 % des personnes intéressées par un pliable citaient Apple comme marque préférée, alors même qu’aucun iPhone pliable n’existait encore.

Pour le marché européen, l’effet pourrait être amplifié. La base d’utilisateurs iOS y est solide, et beaucoup attendaient qu’Apple valide le format avant de franchir le pas. La concurrence entre Samsung et Apple sur ce segment devrait tirer les prix vers le bas et accélérer l’adoption.

Matériaux et durabilité des écrans pliables : ce qui a changé

Le premier Galaxy Fold, en 2019, avait un défaut visible : son écran se rayait à l’ongle. La charnière craquait après quelques mois d’usage intensif. Ces problèmes de jeunesse ont durablement marqué la perception des consommateurs.

Depuis, les progrès sur les matériaux sont réels. Les générations récentes utilisent des verres ultra-fins (appelés UTG, pour Ultra Thin Glass) qui remplacent les films plastiques des débuts. La différence se sent au toucher et à l’usage : la surface est plus rigide, plus résistante aux micro-rayures.

Pourquoi est-ce un critère décisif en Europe ? Parce que les consommateurs européens gardent leurs appareils plus longtemps que la moyenne mondiale. Un écran qui se dégrade après un an d’utilisation représente un risque financier direct sur un appareil vendu à prix premium. Les fabricants l’ont compris et communiquent désormais sur des tests de pliage dépassant plusieurs centaines de milliers de cycles.

Vendeur présentant des smartphones pliables dans une boutique d'électronique européenne moderne

Réparabilité et droit européen à la réparation

Un autre facteur joue en faveur de l’adoption : la réglementation. L’Union européenne a adopté de nouvelles règles sur le droit à la réparation, entrées en application fin juillet 2026. Ces dispositions obligent les fabricants à proposer des pièces détachées et à faciliter la réparation des appareils, y compris les smartphones.

Pour les pliables, cela signifie que le remplacement d’un écran ou d’une charnière doit rester accessible en termes de coût et de disponibilité. Voici les points concrets que cette réglementation couvre :

  • Les fabricants doivent fournir les pièces de rechange pendant une durée minimale après la mise sur le marché
  • Les réparateurs indépendants peuvent accéder aux composants et aux informations techniques nécessaires
  • Les consommateurs disposent d’un cadre légal pour exiger une réparation plutôt qu’un remplacement complet de l’appareil

Ce cadre rassure les acheteurs hésitants. Un smartphone pliable à plus de 1 000 euros devient moins risqué si l’on sait qu’une charnière défaillante peut être remplacée sans racheter l’appareil entier.

Choisir un smartphone pliable en Europe : les critères qui comptent

Avant de se laisser séduire par le format, quelques questions pratiques méritent d’être posées. Le choix dépend avant tout de l’usage quotidien.

  • Format book ou clapet : le book convient au multitâche et à la lecture, le clapet privilégie la compacité
  • Résistance de la charnière : vérifier le nombre de cycles de pliage annoncé et la présence d’un verre UTG
  • Disponibilité des pièces détachées dans le pays d’achat, conformément au droit européen à la réparation
  • Compatibilité avec les coques de protection, souvent plus rares et plus chères que pour un smartphone classique

Le prix reste le frein principal. Les modèles les plus aboutis se positionnent dans le segment premium. L’entrée d’Apple et la montée en gamme des fabricants chinois devraient progressivement élargir l’offre vers des tarifs plus accessibles.

Le marché européen des smartphones pliables n’en est plus à la phase de curiosité. La demande documentée pour des écrans plus grands, le renforcement de la réglementation sur la réparation et l’arrivée simultanée de nouveaux acteurs créent les conditions d’une adoption plus large. Le vrai test sera la durabilité à long terme de ces appareils entre les mains d’utilisateurs européens qui, contrairement à d’autres marchés, n’ont pas l’habitude de changer de téléphone chaque année.

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